Sommaire
- Introduction
- Pourquoi certains salons deviennent des “fantômes” ?
- Les signes avant-coureurs à repérer
- Comment éviter la fermeture soudaine ?
- Que faire si tu es salarié·e dans un salon en difficulté ?
- Que faire si tu es client·e d’un salon en danger ?
- FAQ
- Conclusion
Introduction
Il y a quelques mois encore, le salon Cheveux d’Or à Marseille était un lieu animé, rempli de rires et de discussions entre client·es et coiffeur·euses. Puis, un matin, les volets sont restés fermés. Aucune annonce, aucun mot d’adieu, juste un local vide et des client·es désemparé·es. Ce phénomène, de plus en plus fréquent, porte un nom : les salons de coiffure fantômes. Ces établissements qui ferment sans prévenir, laissant derrière eux des dettes, des employé·es sans emploi et des client·es sans explication.
Mais pourquoi ces salons disparaissent-ils ainsi, comme des ombres ? Est-ce simplement une question de mauvaise gestion, ou y a-t-il des raisons plus profondes, plus systémiques ? Et surtout, comment éviter de tomber dans ce piège si tu es propriétaire, repreneur·euse ou même employé·e d’un salon ?
Dans cet article, nous allons plonger au cœur de ce mystère. Nous explorerons les causes les plus courantes de ces fermetures soudaines, mais aussi et surtout, les signes avant-coureurs à repérer pour anticiper les problèmes. Enfin, nous te donnerons des solutions concrètes pour protéger ton salon, ton emploi ou ton investissement.
Parce qu’un salon de coiffure, ce n’est pas qu’un commerce. C’est un lieu de vie, de confiance et de passion. Et personne ne mérite de le voir disparaître sans un combat.
1. Pourquoi certains salons deviennent-ils des “fantômes” ? Les causes cachées derrière les fermetures soudaines
1.1. La spirale des dettes : Quand les factures s’accumulent en silence
Imagine un instant : tes fournisseurs te réclament des paiements en retard, ton loyer n’a pas été réglé depuis deux mois, et tes employé·es commencent à s’impatienter pour leurs salaires. C’est le début d’une spirale infernale, et malheureusement, c’est l’une des principales raisons pour lesquelles les salons ferment sans crier gare.
Comment en arrive-t-on là ?
- Une mauvaise gestion des flux de trésorerie : Beaucoup de propriétaire·es de salons se concentrent sur le chiffre d’affaires, mais oublient de surveiller les dépenses. Résultat, les entrées d’argent ne couvrent plus les sorties, et les dettes s’accumulent.
- Des dépenses imprévues : Une panne de matériel, une augmentation de loyer, ou même une baisse soudaine de clientèle peuvent déséquilibrer un budget déjà fragile.
- Le refus de voir la réalité en face : Par peur ou par orgueil, certain·es propriétaire·es ignorent les signaux d’alerte jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Exemple frappant : Un salon parisien, pourtant bien situé, a dû fermer ses portes du jour au lendemain après avoir accumulé plus de 50 000 € de dettes envers ses fournisseurs et son bailleur. Les client·es, habitué·es à venir depuis des années, n’ont eu aucun préavis.

1.2. Le burn-out des propriétaire·es : Quand l’épuisement mène à l’abandon
Diriger un salon de coiffure, c’est gérer une entreprise, une équipe et des client·es, tout en restant créatif·ve et à l’écoute. C’est un métier passionnant, mais extrêmement exigeant. Et quand la pression devient trop forte, certain·es craquent.
Les signes avant-coureurs :
- Un désengagement progressif : Le·a propriétaire passe de moins en moins de temps dans le salon, délègue tout sans suivre, ou semble dépassé·e par les problèmes.
- Des décisions impulsives : Changements brutaux d’horaires, licenciements sans explication, ou même des fermetures temporaires “pour souffler”.
- Un manque de communication : Plus de newsletters, plus de posts sur les réseaux sociaux, plus de réponses aux messages des client·es.
Pourquoi c’est dangereux ? Quand un·e propriétaire est au bord du burn-out, les décisions deviennent irrationnelles. Certains salons ferment ainsi par épuisement pur et simple, sans que personne ne puisse les en empêcher.
Témoignage : Sophie, ancienne gérante d’un salon à Lyon, raconte : “Un jour, j’ai réalisé que je n’avais plus la force de me battre. J’ai tout arrêté du jour au lendemain, sans prévenir personne. Aujourd’hui, je le regrette, mais à l’époque, c’était soit ça, soit un arrêt maladie.”
1.3. La concurrence déloyale et la guerre des prix : Quand le marché devient impitoyable
Dans certaines villes, les salons de coiffure poussent comme des champignons. Et quand la concurrence est trop forte, certains établissements baissent leurs prix à outrance pour attirer la clientèle. Résultat ? Une course vers le bas, où personne ne gagne vraiment.
Les conséquences :
- Des marges de bénéfice qui s’effritent : Travailler à perte, c’est viable sur le court terme, mais impossible à tenir sur la durée.
- Une qualité qui se dégrade : Pour compenser, certains salons réduisent les coûts (produits bas de gamme, personnel sous-payé), ce qui finit par nuire à leur réputation.
- Des fermetures en cascade : Quand un salon baisse ses prix, les autres suivent… jusqu’à ce que plus personne ne puisse se permettre de continuer.
Exemple : À Bordeaux, une rue commerçante a vu trois salons fermer en six mois après une guerre des prix déclenchée par l’arrivée d’un nouveau concurrent low-cost.

1.4. Les problèmes juridiques et administratifs : Quand la paperasse devient un cauchemar
Gérer un salon, c’est aussi se conformer à une montagne de règles : contrats de travail, déclarations fiscales, normes d’hygiène, baux commerciaux… Et quand on néglige ces aspects, les conséquences peuvent être dramatiques.
Les pièges à éviter :
- Un bail commercial mal négocié : Certaines clauses peuvent te forcer à fermer si tu ne les respectes pas (ex. : travaux non réalisés, loyer impayé).
- Des contrats de travail non conformes : Des employé·es en CDD non renouvelés correctement, des heures supplémentaires non payées… Un seul recours aux prud’hommes peut mettre ton salon en péril.
- Des problèmes d’assurance : Un accident non couvert, une plainte pour allergie à un produit… Sans une bonne assurance, c’est la faillite assurée.
Cas réel : Un salon à Toulouse a dû fermer après qu’une cliente ait porté plainte pour une allergie grave à une teinture. L’assurance a refusé de couvrir les frais, et le salon n’a pas survécu à l’indemnisation.
1.5. Le manque de clientèle fidèle : Quand le salon vit au jour le jour
Un salon de coiffure, c’est comme un restaurant : sans une clientèle régulière, il ne peut pas survivre. Pourtant, beaucoup de propriétaire·es se reposent sur des client·es occasionnelles, sans jamais vraiment fidéliser.
Les erreurs courantes :
- Ne pas collecter les coordonnées des client·es pour les relancer.
- Ne pas proposer de programme de fidélité (cartes de points, offres anniversaires…).
- Négliger les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille, qui sont les meilleurs outils de fidélisation.
Conséquence : Sans une base solide de client·es fidèles, le salon dépend des coups de chance. Et quand la fréquentation baisse, il n’y a pas de filet de sécurité.

2. Les signes avant-coureurs : Comment repérer un salon en difficulté avant qu’il ne disparaisse
Maintenant que nous avons vu pourquoi certains salons ferment en silence, comment anticiper ces problèmes avant qu’il ne soit trop tard ? Voici les signes qui ne trompent pas :
2.1. Des retards de paiement répétés
Si ton·ta propriétaire :
- Retarde systématiquement le paiement des salaires (“Je te paie la semaine prochaine, promis !”).
- Ne règle plus les fournisseurs à temps (les produits arrivent en retard, les commandes sont annulées).
- Évite de parler d’argent quand tu abordes le sujet.
→ C’est un signe clair que la trésorerie est en danger.
2.2. Un turnover élevé parmi les employé·es
Quand un salon perd plusieurs employé·es en peu de temps, c’est rarement un hasard. Les raisons peuvent être :
- Des salaires impayés ou en retard.
- Un climat de travail toxique (stress, conflits, manque de management).
- Un manque de perspectives (pas de formations, pas d’évolution possible).
→ Si l’équipe fuit, c’est que quelque chose ne va pas.

2.3. Une baisse soudaine de la qualité
- Les produits deviennent moins chers (marques bas de gamme, quantités réduites).
- Les prestations sont bâclées (coupes moins précises, colorations ratées).
- Le salon est moins propre, moins accueillant.
→ Cela peut indiquer que le·a propriétaire coupe les coûts pour survivre.
2.4. Un manque de communication
- Plus de posts sur les réseaux sociaux.
- Les emails et SMS ne sont plus répondus.
- Les client·es se plaignent de ne plus avoir de nouvelles.
→ Un salon qui se tait est souvent un salon en difficulté.
2.5. Des rumeurs dans le quartier
Les commerçant·es voisin·es sont souvent les premier·es à sentir qu’un salon va mal. Si tu entends dire que :
- “Le salon a des problèmes avec son propriétaire.”
- “Ils·elles ne paient plus leur loyer.”
- “La gérante a disparu depuis une semaine.”
→ Méfiance. Ces rumeurs ont souvent un fond de vérité.

3. Comment éviter de devenir un salon fantôme ? Les solutions pour pérenniser ton activité
Maintenant que tu sais repérer les signes de danger, voyons comment protéger ton salon (ou ton emploi, si tu es salarié·e). Voici des solutions concrètes pour éviter la fermeture soudaine :
3.1. Gère ta trésorerie comme un·e pro
La règle d’or : Un euro économisé est un euro gagné.
- Utilise un logiciel de gestion (Phenix, SalonIQ) pour suivre tes entrées et sorties d’argent en temps réel.
- Mets de côté une réserve pour les coups durs (au moins 3 mois de loyer et salaires).
- Négocie avec tes fournisseurs : Demande des délais de paiement ou des remises pour les commandes groupées.
→ Un salon avec une trésorerie saine ne ferme pas du jour au lendemain.
3.2. Fidélise ta clientèle comme jamais auparavant
Une clientèle fidèle, c’est ton assurance-vie.
- Crée un programme de fidélité (carte de points, offres anniversaires, parrainage).
- Envoie des rappels personnalisés (“Ça fait 3 mois qu’on ne t’a pas vue, voici un cadeau pour ton retour !”).
- Organise des événements (soirées privées, ateliers coiffure) pour créer du lien.
→ Plus tes client·es sont attachées à ton salon, moins tu risques de les perdre.
3.3. Prends soin de ton équipe (et d’eux·elles prendront soin de ton salon)
Une équipe heureuse = un salon qui tourne.
- Paie tes employé·es à temps (même si tu dois serrer ta ceinture ailleurs).
- Offre des formations pour les motiver et les faire progresser.
- Crée un climat de travail agréable (horaires raisonnables, ambiance positive).
→ Des employé·es épanoui·es sont tes meilleur·es ambassadeur·rices·s.

3.4. Reste visible et communique, même (surtout) dans les moments difficiles
Le silence est l’ennemi des salons.
- Poste régulièrement sur les réseaux sociaux (même si c’est juste une story “Coupe du jour”).
- Envoie des newsletters pour garder le contact avec tes client·es.
- Sois transparent·e : Si tu traverses une période difficile, explique-le à ta clientèle. Elles comprendront et te soutiendront.
→ Un salon qui communique ne disparaît pas sans prévenir.
3.5. Anticipe les problèmes juridiques et administratifs
Mieux vaut prévenir que guérir.
- Fais relire tes contrats (bail, contrats de travail) par un·e avocat·e.
- Souscris à une bonne assurance (responsabilité civile, protection juridique).
- Tiens-toi informé·e des obligations légales (hygiène, déclarations fiscales…).
→ Un salon en règle résiste mieux aux tempêtes.

3.6. Diversifie tes revenus pour ne pas dépendre d’une seule source
Ne mets pas tous tes œufs dans le même panier.
- Vends des produits capillaires en salon (et en ligne !).
- Propose des prestations à domicile pour les client·es pressées.
- Organise des ateliers ou formations (ex. : “Apprendre à coiffer ses boucles”).
→ Plus tes sources de revenus sont variées, moins tu es vulnérable.
4. Que faire si tu es salarié·e dans un salon en difficulté ?
Si tu travailles dans un salon et que tu sens qu’il va mal, voici comment te protéger :
4.1. Vérifie que tes droits sont respectés
- Tes fiches de paie sont-elles à jour ?
- Tes heures supplémentaires sont-elles payées ?
- As-tu un contrat de travail en règle ?
→ Si quelque chose cloche, consulte un·e conseiller·e en droit du travail.
4.2. Commence à chercher un plan B
- Mets à jour ton CV et ton book (photos de tes réalisations).
- Réseaute avec d’autres salons ou coiffeur·euses freelances.
- Envisage une formation pour te spécialiser (ex. : extensions, coiffure de mariage).
→ Mieux vaut anticiper que de se retrouver sans emploi du jour au lendemain.

4.3. Parle à ton·ta propriétaire (avec tact)
Si tu sens que le salon est en difficulté, propose ton aide :
- “Je peux t’aider à relancer les réseaux sociaux ?”
- “On pourrait organiser un événement pour attirer de nouvelles client·es ?”
→ Parfois, un·e employé·e motivé·e peut sauver un salon.
5. Que faire si tu es client·e d’un salon qui risque de fermer ?
Si tu es attaché·e à ton·ta coiffeur·euse et que tu sens que son salon est en danger, tu peux aussi agir :
5.1. Soutiens-le·a concrètement
- Prends tes rendez-vous à l’avance (même si c’est dans 3 mois).
- Achète des produits en salon (shampoings, soins).
- Laisse un avis 5 étoiles sur Google ou Facebook.
5.2. Parle autour de toi
- Recommande le salon à tes ami·es, ta famille, tes collègues.
- Partage ses posts sur les réseaux sociaux.
5.3. Sois compréhensif·ve
Si les prix augmentent un peu ou si le salon traverse une période difficile, montre ton soutien. Un petit mot d’encouragement peut faire toute la différence.
FAQ
🔹 Comment savoir si un salon que je veux reprendre est en difficulté ?
Vérifie les comptes des 3 dernières années, interroge les employé·es et les fournisseurs, et observe la fréquentation et l’état des lieux. Un salon en difficulté montre souvent des retards de paiement ou un manque d’entretien.
🔹 Est-ce que les salons low-cost sont plus à risque de fermer ?
Oui, car leurs marges sont très faibles. Une baisse de clientèle ou une hausse des coûts peut les rendre non rentables très vite. Ils dépendent aussi souvent d’une main-d’œuvre sous-payée, ce qui crée un turnover élevé.
🔹 Peut-on racheter un salon en difficulté et le sauver ?
Oui, mais à condition d’identifier les problèmes (dettes, gestion, réputation) et d’avoir un plan de redressement clair. Une reprise réussie passe par une refonte de l’offre, une meilleure gestion et une communication transparente avec la clientèle.
🔹 Les salons franchisés sont-ils moins à risque ?
Pas forcément. Même les franchises peuvent fermer si le franchiseur ne soutient pas assez ou si le marché local est saturé. Cependant, elles bénéficient souvent d’un modèle éprouvé et d’une aide en gestion, ce qui réduit les risques.
🔹 Comment rebondir après la fermeture de mon salon ?
Analyse les erreurs passées, forme-toi (gestion, marketing) et envisage un nouveau projet (salon itinérant, spécialisation, partenariat). Beaucoup de coiffeur·euses rebondissent en se reconvertissant ou en ouvrant un salon plus petit et mieux géré.
🔹 Les salons éco-responsables résistent-ils mieux ?
Oui, car ils attirent une clientèle fidèle et prête à payer plus cher pour des valeurs éthiques. Cependant, ils doivent bien communiquer sur leur engagement et prouver leur authenticité pour éviter le greenwashing.
🔹 Un salon peut-il fermer à cause d’une mauvaise réputation en ligne ?
Absolument. Les avis négatifs sur Google ou les réseaux sociaux peuvent faire fuir la clientèle. Un salon doit répondre aux critiques, améliorer son service et encourager ses client·es satisfait·es à laisser des avis positifs.
🔹 Que faire si mon salon a des dettes mais que je veux éviter la fermeture ?
Consulte un expert-comptable pour restructurer tes dettes, négocie avec tes créanciers (fournisseurs, bailleur) et cherche des aides locales (chambre des métiers, associations). Une communication transparente avec tes client·es peut aussi les inciter à te soutenir.
🔹 Les salons en centre-ville sont-ils plus protégés ?
Pas toujours. Le loyer élevé peut étouffer un salon si la clientèle n’est pas assez nombreuse. En revanche, une bonne localisation avec un marketing ciblé (réseaux sociaux, partenariats) peut compenser ce coût.
🔹 Comment savoir si mon salon est rentable ?
Calcule ton seuil de rentabilité (chiffre d’affaires minimum pour couvrir tes coûts) et analyse tes marges par prestation. Un logiciel de gestion peut t’aider à suivre tes performances en temps réel. Si tes revenus couvrent tes dépenses et laissent une marge, ton salon est rentable.
Conclusion : Un salon de coiffure, ça se protège
Les salons de coiffure fantômes ne sont pas une fatalité. Ils sont souvent le résultat d’une accumulation de problèmes non résolus : dettes, burn-out, mauvaise gestion, manque de clientèle… Mais avec de la vigilance, de l’anticipation et une bonne stratégie, il est tout à fait possible d’éviter ce scénario catastrophe.
Que tu sois propriétaire, salarié·e ou client·e, tu as un rôle à jouer pour préserver ces lieux de vie, de partage et de passion. Alors, prends les devants :
- Si tu gères un salon, applique les conseils de cet article pour le rendre plus résilient.
- Si tu y travailles, protège-toi en restant attentif·ve aux signes avant-coureurs.
- Si tu es client·e, soutiens ton salon préféré comme il le mérite.
Parce qu’un salon de coiffure, ce n’est pas qu’un commerce. C’est un endroit où l’on se sent bien, où l’on rit, où l’on se transforme. Et ça, ça mérite d’être préservé.
💬 Et toi, as-tu déjà été confronté·e à la fermeture soudaine d’un salon ? Partage ton expérience ou tes questions en commentaire, on en discute ensemble !
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